Pesticides et santé humaine

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De part leurs propriétés intrinsèques, les pesticides représentent un risque pour la santé humaine lors d’une exposition inopinée. Leur utilisation est donc une opération sensible qu’il convient d’entourer de précautions particulières.


Effets sur la santé

Les effets de l’exposition aux pesticides peuvent être immédiats en cas de toxicité aigüe* à la suite d’une exposition unique, ou à long terme dans le cas d’une toxicité chronique* à la suite d’expositions répétées. Les effets des intoxications aigües sont assez bien connus et documentés grâce à des données expérimentales, cliniques et  de toxico vigilance. En revanche, les effets des intoxications chroniques sont plus difficiles à démontrer en raison notamment de leurs effets retardés et de la nécessité de prendre en compte l’effet des expositions multiples. Bien qu’il existe des hypothèses consistantes sur l’occurrence de plusieurs pathologies, la mise en évidence des effets  des expositions chroniques suscitent encore des interrogations sur la méthodologie pour y parvenir.

En France, l’Institut de Veille Sanitaire (InVS) a pour mission la surveillance de l’état de santé, et notamment l’impact sanitaire potentiel de l’exposition à des polluants d’origine environnementale. Actuellement, plusieurs programmes visent à évaluer l’imprégnation de la population française par les pesticides : Etude nationale Nutrition et Santé (Volet environnemental) ; Cohorte Elfe (Etude Longitudinale depuis l’Enfance). En milieu agricole, Phyt’attitude® est le réseau national de toxicovigilance organisé par la MSA. Plusieurs mesures de protection ont ainsi été mises en place après l’analyse des observations symptomatologiques collectées depuis 1991.

Pour en savoir plus :

Risques : danger et exposition aux produits phytosanitaires

Le risque se défini par l’exposition au danger (toxicité du produit). Par conséquent, la maîtrise des risques doit passer par la connaissance de ces deux aspects :

  • Profil toxicologique du produit et des substances actives qui le composent (phrases de risques, de prudence et classement toxicologique disponibles sur : http://e-phy.agriculture.gouv.fr/);
  • Nature des expositions et de leurs intensités

L’association de ces deux aspects permet de préconiser des mesures plus pertinentes et justifiées. Par exemple, l’application d’un produit classé « irritant pour les yeux » (R36) nécessitera l’utilisation de lunettes de protection.

Des études sur l’exposition des applicateurs aux produits phytosanitaires montrent qu’en dehors de tout accident, la pénétration dans l’organisme s’effectue par inhalation dans 52% des cas, par contacts avec les yeux, le nez et la peau dans 48% des cas et par ingestion (vêtements et nourritures contaminés portées à la bouche) dans 6,8% des cas (Source MSA). En outre, la préparation, l’application de la bouillie et le nettoyage des fonds de cuve sont des étapes au cours desquelles des accidents peuvent survenir en cas de mauvaise manipulation.

Concernant les pratiques en zones non agricoles, une étude spécifique sur l’exposition des applicateurs des services techniques en ville a été réalisée en 2009 et 2010 par l’Institut d'hygiène industrielle et de l'environnement du CNAM des Pays de la Loire. Des méthodes de mesurages de l’exposition cutanée ont été développées à l’aide de patchs et des biomarqueurs ont pu être validés. Des déterminants d’exposition ont ainsi été mis en évidence à partir de l’estimation de niveaux d’expositions cutanées et d’imprégnation urinaire. Les conclusions de cette étude, prochainement disponibles, permettront de développer une meilleure approche du risque spécifique à l’utilisation des produits phytosanitaires en situation non agricole. (Cf. « Mise en place d’une méthode intégrée pour l’estimation de l’exposition aux phytosanitaires dans une population de professionnels non agricoles ». Cnam IHIE, en cours de publication).

Conditions d’évaluation des produits phytosanitaires

Dans ce contexte de vigilance des effets des pesticides sur la santé humaine, il convient de rappeler que la mise sur le marché des produits phytosanitaires est encadrée par des dispositions européennes et nationales, au regard des risques potentiels sur la santé. En effet, les conditions de mise sur le marché des produits phytosanitaires et des substances actives sont encadrées au niveau européen par le règlement (CE) n°1107/2009 en vigueur depuis le 14 juin 2011, qui remplace la directive 91/114/CEE.

L’autorisation de mise sur le marché des produits commerciaux est délivrée par les Etats membres sur la base d’évaluations nationales. Ces autorisations reposent sur des éléments de sécurisation à travers une double évaluation :

  • danger et risque (propriétés physico-chimiques, sécurité de l’applicateur, pour le consommateur, toxicité pour la faune et la flore non cibles…). Ces éléments sont décrits par le classement toxicologique et les phrases de risques.
  • efficacité biologique de la préparation.

Ces évaluations sont encadrées par l’ANSES pour un usage précis, c’est–à-dire sur la culture traitée (ou végétal), selon l’objectif du traitement, la dose utilisée, la période et la fréquence d’utilisation.

Pour en savoir plus:

Protection et bonnes pratiques phytosanitaires

Les bonnes pratiques phytosanitaires pour maîtriser les risques applicateurs

L’ensemble des pratiques décrites dans la sous-rubrique « Pesticides et Environnement » contribuent à la protection des applicateurs.

Le port des Equipements de Protection Individuelle (E.P.I.) constitue une disposition particulière pour protéger l’applicateur. Les E.P.I. ne suppriment par le risque mais constituent une barrière de protection. La directive européenne 89/686 CE défini les E.P.I. comme « tout dispositif ou moyen destiné à être porté ou tenu par une personne en vue de la protéger contre un ou plusieurs risques susceptibles de menacer sa santé ainsi que sa sécurité au travail, ainsi que tout complément ou accessoire destiné à cet objectif ». Cette même directive fixe les obligations requises pour la mise sur le marché et la libre circulation des E.P.I. Les normes et exigences que doivent suivre les différentes catégories d’E.P.I. (protection cutanée ; protection respiratoire ; protection des yeux) sont recensées dans la sélection de documents ci-après.

En dehors du mauvais usage des E.P.I. qui peut contribuer à exposer voire surexposer les applicateurs aux produits phytosanitaires, en 2010, des travaux ont mis en évidence l’efficacité relative de certaines catégories de vêtements de protection. L’analyse des résultats de la perméation à travers les combinaisons a notamment montré que les performances n’étaient pas toujours conformes à celles revendiquées.  Ces conclusions incitent à la plus grande vigilance sur le choix des équipements.

Les autres dispositions réglementaires sur le port des Equipements de Protection Individuelle prévoient notamment l’obligation de l’employeur de fournir et de renouveler les E.P.I. pour les salariés.

Pour en savoir plus : Sélection de documents consacrés aux bonnes pratiques

Site source: http://www.gironde.chambagri.fr

Site source: http://www.interieur.gouv.fr/

Site source: http://references-sante-securite.msa.fr/

 

Ecophyto 2018 - Axe 9 : Santé et protection des utilisateurs

En novembre 2010, un nouvel axe du plan Ecophyto a été lancé sur la santé et la protection des applicateurs.  Des travaux vont ainsi être organisés autour de quatre chapitres :

  • Matériel : amélioration des pulvérisateurs pour la protection de l’opérateur ; développement de règles d’hygiène ;
  • Equipements de Protection Individuelle : surveillance des E.P.I. en marché ; normalisation des E.P.I. (types 3 et 4) ; recommandations des E.P.I. en fonction des caractéristiques des produits ;
  • Zones de préparation : préparation de la bouillie et gestion des fonds de cuve ; ergonomie ;
  • Veille sanitaire : méthodologie en matière d’études épidémiologiques.


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