Plan de gestion

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Versailles - Enherbement surfaces sablées - Versailles - Enherbement surfaces sablées

Versailles - Enherbement surfaces sablées

Il existe de nombreux leviers d’actions pour réduire l’utilisation des produits phytosanitaires, comme la Protection Biologique Intégrée, les plans de désherbage, la gestion différenciée, l’utilisation de techniques alternatives au désherbage. L’objectif de cette rubrique est de présenter les principes et références documentaires des méthodes actuellement disponibles pour les professionnels. Il s’agit aussi d’informer sur des projets d’études et d’expérimentations visant à développer de nouvelles solutions ou à en connaître les impacts sur l’environnement. Cette rubrique sera donc mise à jour régulièrement pour les intégrer lorsque les résultats seront connus.


Entretien des zones non agricoles : objectifs différenciées et techniques adaptées

  • Plan de désherbage

Cette approche repose sur l’analyse des risques de transfert dans l’environnement des produits phytosanitaires appliqués durant les opérations de désherbage. Sur le terrain, le diagnostic consiste à - faire l’inventaire des pratiques de désherbage existantes,
- cartographier les zones à risques (élevés à faibles),
- définir des objectifs d’entretien et les méthodes de désherbage les plus adaptées à la mesure des risques.
Le plan de désherbage communal s’inscrit dans la démarche de gestion différenciée des espaces urbanisés.

 

Lycée Jules Rieffel (44) - Gestion différenciée au sein d'un parc géré de manière extensive - Lycée Jules Rieffel (44) - Gestion différenciée au sein d'un parc géré de manière extensive

Lycée Jules Rieffel (44) - Gestion différenciée au sein d'un parc géré de manière extensive

  • Plan de gestion différenciée

    La gestion différenciée vise à dégager des compromis entre une gestion traditionnelle et horticole, et une gestion plus extensive des espaces. Cette approche suppose de s’interroger sur le rendu souhaité et de redéfinir les objectifs de gestion. De nombreux ouvrages apportent des méthodes pour définir un plan de gestion adapté aux objectifs des sites concernés.

Gestion des bioagresseurs : Protection Biologique

La gestion des maladies et ravageurs en zones non agricoles répond à plusieurs objectifs :

  • Préserver les fonctions esthétiques et d’usages du végétal (maîtrise des ambiances, articulation de l’espace, contrôle de l’érosion du sol…)
  • Prévenir des risques de santé publique (cas des poils urticants des processionnaires du pin et du chêne).

 

La Protection Biologique Intégrée (P.B.I.) désigne une approche combinatoire qui s’appuie sur un objectif de préservation de l’environnement et de la santé humaine. Des mesures agronomiques préventives, aux méthodes biologiques, physiques et chimiques, les stratégies peuvent combiner plusieurs solutions en prenant en compte en amont l’analyse du risque phytosanitaire, le cycle biologique du bioagresseur et ses interactions avec l’environnement. L’emploi de produits phytosanitaires est limité au strict nécessaire ou lorsqu’aucune solution alternative n’existe. (D’après : OILB, Innophyt, INRA).

 

Syrphe adulte sur Abelia - Syrphe adulte sur Abelia

Syrphe adulte sur Abelia

Les techniques et applications pouvant être utilisées dans le cadre de la lutte biologique incluent :

  • Le piégeage et la mise en place de barrières physiques
    Utilisation de pièges à phéromones sexuelles pour piéger les papillons mâles de la processionnaire du pin ou de pièges à collerettes pour piéger les chenilles en procession…
  • L’introduction d’auxiliaires de lutte biologique dans le cadre de la lutte biologique par augmentation ou de la lutte biologique par acclimatation
    Application de prédateurs comme les chrysopes contre les pucerons, de Phytoséiides contre l’acarien du tilleul, d’une coccinelle (Exochomus quadripustulatus) contre la cochenille pulvinaire, de nématodes entomopathogènes (Steinerneima carpocapsae) contre le papillon palmivore…

  • La conservation de la faune utile dans le cadre de la lutte biologique par conservation
    Pose de nichoirs à mésanges pour le contrôle des populations de processionnaires du pin, fauche tardive sur les accotements routiers pouvant héberger une faune auxiliaire…
  • La destruction mécanique des parties du végétal concentrant les bioagresseurs
    Taille sanitaire, ramassage des feuilles mortes accompagné d’un traitement adapté des résidus végétaux.

En France, les premières applications de la P.B.I. en espaces verts datent de la fin des années 90 avec l’exemple phare de la Roseraie du parc de la Tête d’or à Lyon, qui combinait l’utilisation d’auxiliaires de lutte biologique et des produits phytosanitaires compatibles respectueux de la faune auxiliaire. Depuis, d’autres applications issus de programmes d’études et d’expérimentations se sont développées et sont utilisées couramment. C’est le cas du programme PAYSARCH (2009-2010) sur l’étude de l’efficacité de l’utilisation de spécialités commerciales à base de nématodes Steinernema carpocapsae contre le papillon palmivore (Paysandisia archon) en région PACA et Languedoc-Roussillon.

Entre 2005 et 2009, le nombre d’auxiliaires de lutte biologique disponibles recensés sur des problématiques spécifiques aux zones non agricoles est passé d’une vingtaine à une trentaine. Les résultats sont parfois jugés moins prédictifs par les professionnels et supposent la mise en place de mesures complémentaires et d’une communication renforcée auprès des riverains des espaces concernés. Des travaux sont en cours pour identifier de nouvelles solutions sur des problématiques d’importance. C’est le cas du programme PETAAL, coordonné par Plante & Cité, qui vise à mettre au point d’ici 2012 une stratégie de lutte biologique contre le tigre du platane (Corythucha ciliata) en espaces verts.

Gestion de la flore spontanée

Plus de 90% des substances commercialisées en zones non agricoles concernent la gestion de la flore spontanée et des plantes envahissantes. Les problématiques sont le plus souvent liées à la perception de la flore spontanée en milieu urbain. Dans d’autres situations (sites industriels…), le désherbage représente des enjeux de sécurité. Selon le contexte, les approches seront différentes.

Désherbage thermique à vapeur - Désherbage thermique à vapeur

Désherbage thermique à vapeur

Approche curative : Techniques alternatives de désherbage

Le principe des techniques alternatives de désherbage repose principalement sur l’utilisation de procédés physiques :

  • Méthodes thermiques : à infrarouge, à flamme directe, à vapeur, à eau chaude, à mousse chaude
  • Méthodes mécaniques : binette, brosses rotatives, balayeuse, dispositifs de travail du sol (châssis-piste, sabot rotatif, herse rotative)…


Les retours d’expériences de l’utilisation de ces méthodes convergent vers des avantages mais aussi des limites et questionnements sur leur impact global sur l’environnement (consommation en énergie fossile, en eau…).

L’étude de ces impacts à partir d’expérimentations et d’une Analyse du Cycle de Vie (cadre normatif : ISO 14 040) fait l’objet du programme COMPAMED ZNA sur la comparaison des méthodes de désherbage utilisées en zones non agricoles. Ce programme est soutenu dans le cadre du plan Ecophyto 2018. Il réunit un consortium coordonné par Plante & Cité et composé de : CETEV, Fredon Ile-de-France, EVEA, AAPP, UPJ, AFPP, ASFA, AITF, AFDJEVP.

Approche préventive : Alternatives au désherbage

Au-delà de l’utilisation de nouvelles techniques de désherbage, l’évolution des pratiques d’entretien doit désormais intégrer une approche préventive passant par l’acceptation de la présence d’herbes, notamment en ville. Ce travail autour de la perception incite à faire des compromis face aux adventices. Le statut et la place de la flore spontanée sont liés aux représentations dont la nature est l’objet ainsi qu’à l’information que reçoit le public sur les choix d’entretien faits par les gestionnaires.
Quels termes employer pour désigner les plantes adventives ?
Quelle est la perception des citadins ?
Quels messages transmettre à la population faire une meilleure acceptation de la flore spontanée ? De nombreux exemples témoignent de l’intérêt de sensibiliser et de communiquer auprès du public pour expliquer les changements de pratique et la place de la flore spontanée.

Le programme Acceptaflore (2009-2011) soutenu dans le cadre du plan Ecophyto 2018 et coordonné par Plante & Cité avec une équipe pluridisciplinaire (ethnosociologie, écologie, communication) vise à construire des messages différenciés à destination du public pour une meilleure acceptation de la flore spontanée. Début 2011, des outils méthodologiques et une analyse bibliographique de ces enjeux seront proposés sur ce site. Les approches préventives peuvent aussi se décliner en amont lors de la conception d’un aménagement. Ces aspects sont abordés dans la rubrique Conception.





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